Aidants familiaux : savoir se préserver

Aidants familiaux : savoir se préserver

Aidants familiaux : savoir se préserver

lundi 01 octobre 2018
La journée nationale des aidants se déroule chaque année le 6 octobre. Plus de 8 millions de personnes en France prennent soin d'un proche malade, âgé ou handicapé. Témoignages.

«Aimer ne suffit pas pour aider. Il faut comprendre pour savoir comment réagir, comment se comporter », explique Marie.


Elle est aidante depuis 1992 auprès de sa mère, aujourd'hui âgée de 95 ans, atteinte d'une pathologie neurodégénérative : « J'ai d'abord accompagné maman à domicile pendant plusieurs années. Aujourd'hui, elle réside en Ehpad, mais l'accompagnement y est tout aussi nécessaire, même si la charge au quotidien n'est plus la même pour moi. »
Au sein de la plateforme d'accueil et d'accompagnement des aidants, Marie témoigne de son parcours : « Ici, j'ai trouvé l'endroit où l'on parle, où on sait qu'on est écouté, compris. » Elle y a trouvé le recul nécessaire pour éviter l'épuisement, « se préserver pour avoir la force de continuer à aider ».

À ses côtés, Louise l'avoue : « J'ai parfois l'impression d'être au bord du burn-out. » À peine à la retraite, elle a dû faire face à la perte d'autonomie de sa mère : « Tous les troubles d'une maladie neurodégénérative sont là mais il n'y a pas encore eu d'évaluation », explique-t-elle.

Au fil des ans, le quotidien de Louise s'est alourdi, entièrement rythmé aujourd'hui par le soutien apporté à sa mère. À la fatigue physique de devoir tout mener de front se sont ajoutés des sentiments ambivalents : la frustration de n'avoir pas la retraite imaginée, la culpabilité, la souffrance « d'impliquer » son époux…

« C'est un psychologue auprès de qui j'avais pris rendez-vous qui m'a conseillé de me tourner vers la plateforme d'accueil et d'accompagnement. Je ne connaissais pas. J'y ai trouvé une écoute que je n'avais jamais eue. Ce fut un luxe pour moi, ce temps que l'on m'a accordé pour que j'exprime tout mon ressenti. »

Aider les aidants, c'est les reconnaître dans leur juste place. Psychologue au sein de la plateforme d'accueil et d'accompagnement, Claire les accompagne au quotidien : « On accueille les aidants avec toute leur histoire, c'est important (….) », dit-elle en rappelant combien il importe « qu'ils ne s'isolent pas ».

Et au-delà des équipes professionnelles, les aidants trouvent parfois une bouffée d'oxygène auprès de ceux qui sont dans la même situation qu'eux. « Il faut que toutes les personnes qui vivent ça parlent. Ça fait un bien fou. Ça peut aider à accepter. Et à partir du moment où l'on accepte, c'est un peu plus simple », témoignent Hélène  et Monique, dont les époux respectifs sont atteints de la maladie d'Alzheimer.

Les plateformes d'accueil, d'accompagnement et de répit proposent divers dispositifs pour prendre soin des aidants s'occupant d'une personne atteinte d'une maladie neurodégénérative ou en perte d'autonomie, tout autant que des aidés.


 
Retour à la liste