Arthrose du genou. De nouveaux traitements déremboursés

Arthrose du genou. De nouveaux traitements déremboursés

Arthrose du genou. De nouveaux traitements déremboursés

jeudi 01 février 2018
À partir du 1er décembre 2017, deux traitements à base d'acide hyaluronique ne sont plus remboursés. Il en est de même pour un médicament utilisé pour soulager les douleurs de l'arthrose du genou.

Bis repetita. Au mois de juin dernier, les solutions injectables d'acide hyaluronique étaient dans le viseur de l'Assurance maladie. Huit d'entre elles avaient été déremboursées* mais deux dispositifs médicaux avaient échappé au déremboursement, l'Arthrum et l'Ostenil. Le répit aura donc été de très courte durée pour ces deux spécialités: la prise en charge par l'Assurance maladie prend fin le 1er décembre 2017.

C'est donc une mauvaise nouvelle pour tous ceux qui se voient prescrire ces injections par leur rhumatologue ou leur médecin spécialisé. Selon les chiffres de l'Aflar, l'Association française de lutte anti-rhumatismale, 700 000 injections seraient pratiquées chaque année. Elles éviteraient ou retarderaient la pose de prothèses, onéreuses pour les patients. Mais, pour la HAS – la Haute autorité de santé –, le service rendu (SR) des produits à base d'acide hyaluronique était jugé faible pour maintenir le remboursement de l'Assurance maladie.

Utilisées dans le traitement de l'arthrose du genou (gonarthrose), ces solutions composées d'hyaluronate de sodium contribuent à réduire la douleur inflammatoire et lubrifient le genou. Elles suppléent ainsi à la perte d'élastoviscosité du liquide synovial, responsable de l'usure cartilagineuse et de la douleur arthrosique. L'inflammation articulaire ayant diminuée avec les injections, les personnes retrouvent pendant quelques mois une aisance dans la marche.

Initialement concernés par le décret du 1er juin 2017, l'Arthrum et l'Ostenil avaient échappé au déremboursement. Les fabricants avaient porté l'affaire devant le Conseil d'État, avec un recours basé sur deux points: produits phares des deux laboratoires, l'Arthrum et l'Ostenil représentaient l'un comme l'autre une bonne part de leur chiffre d'affaires. Ils avançaient par ailleurs que ce non remboursement créait un effet de distorsion de concurrence avec le Hyalgan, un autre produit contenant lui aussi de l'acide hyaluronique mais ayant le statut de médicament et dont le remboursement était maintenu. L'Arthrum et Ostenil sont donc restés remboursés à hauteur de 60%... jusqu'au 1er décembre 2017.  

Mais l'affaire ne s'arrête pas là. Seul traitement à l'acide hyaluronique ayant le statut de médicament, l'Hyalgan est lui aussi touché par le déremboursement. Comme l'Arthrum et l'Ostenil, il est utilisé après l'échec des médicaments antalgiques ou des anti-inflammatoires AINS. Il était jusqu'alors remboursé à 15% pour de courtes cures, dans la limite de trois injections annuelles, prescrites et réalisées des spécialistes (rhumato, chirurgien orthopédique ou médecin du sport) comme pour l'Arthrum et l'Ostenil. Mais aujourd'hui, la HAS (Haute autorité de santé) estime que, comme pour ses concurrents, le SMR (service médical rendu aux utilisateurs n'est pas suffisant.

La liste des 8 autres dispositifs déremboursés en juin 2017: Adant, Durolane, Euflexxa, Go-on, Sinovial, Structovial, Synocrom, Synvisc-one

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