AVC, ayez les bons réflexes!

AVC, ayez les bons réflexes!

AVC, ayez les bons réflexes!

jeudi 01 juin 2017
Mieux organisée, plus technique, la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux (AVC) a beaucoup progressé. Mais pour en bénéficier, encore faut-il bien réagir à chaque étape.
Avec une nouvelle victime toutes les quatre minutes en France, l'accident vasculaire cérébral (AVC) reste la première cause de handicap acquis de l'adulte, la seconde de démence, et entraîne 62000 décès par an. Mais nous avons le pouvoir d'agir sur ces mauvais chiffres. 

• Surveiller la tension artérielle 
L'hypertension artérielle est le facteur de risque numéro un de l'AVC. "Normaliser sa pression artérielle est donc toujours payant pour réduire le risque d'AVC ayant pour point de départ une plaque d'athérome (AVC athérothrombotique). Ça l'est d'autant plus que certains AVC sont secondaires à une embolie d'origine cardiaque (AVC cardio-embolique). Or le principal facteur de risque de cette embolie est la brillation auriculaire et le premier pourvoyeur de cette arythmie est encore l'hypertension artérielle. 
"Traiter l'hypertension artérielle (14/9 étant le maximum) permet de gagner sur tous les tableaux et c'est aussi un bon moyen de prévenir le risque de démence", indique le Pr Jacques Blacher, cardiologue et chef du service de prévention cardio-vasculaire à l'Hôtel-Dieu, à Paris. 
"La fréquence de l'hypertension artérielle augmentant avec l'âge, la moitié des retraités est concernée, mais tous ne le savent pas ou ne se soignent pas consciencieusement", regrette le spécialiste, également président de la Société française d'hypertension artérielle (www.sfhta.eu). 
À savoir: Les facteurs de risque cardio-vasculaire - diabète, tabagisme, hypercholestérolémie, sédentarité, obésité abdominale, troubles importants du sommeil - ne s'additionnent pas, mais se multiplient: plus ils sont nombreux à être corrigés et meilleure est la protection contre l'AVC
 
• Appeler immédiatement le Samu pour désobstruer l'artère
Dès lors que les symptômes de l'AVC apparaissent, une course contre la montre s'engage. "Une prise en charge rapide dans une unité neuro-vasculaire augmente grandement les chances d'échapper au handicap", confirme le Pr Serge Timsit, chef de service de neurologie au CHRU de Brest et président de la Société française neuro-vasculaire (SFNV). D'où l'importance de rejoindre au plus vite une telle unité. Il en existe cent trente-cinq en France et cinq autres sont attendues dans les deux ans. 
Les deux techniques ayant démontré leur efficacité sont la thrombolyse et la thrombectomie. 

La première - injection d'un traitement destiné à dis- soudre le caillot - doit être mise en oeuvre dans les quatre heures trente qui suivent le début des symptômes. 

Le délai maximal passe à six heures pour la seconde, souvent réalisée en complément de la thrombolyse, avec des résultats d'autant meilleurs qu'elle est réalisée précocement. "La thrombectomie est une révolution, explique le professeur: cet acte de neuroradiologie interventionnelle consiste à amener un cathéter dans le vaisseau intracérébral bouché pour attraper le caillot dans une sorte de filet (stent retriever) et ainsi le retirer. Son efficacité est impressionnante: pour trois ou quatre personnes traitées par thrombectomie, une personne s'en sortira sans séquelle (il en faut sept pour la thrombolyse)". 
À savoir: "À ce jour, seules 10% des victimes d'AVC sont prises en charge assez tôt pour bénéficier de ces traitements. En l'absence d'unité neuro-vasculaire à proximité, il est aussi possible de réaliser la thrombolyse à distance par télémédecine", précise le Pr Timsit. D'où l'importance de bien connaître les signes d'alerte et d'appeler le plus rapidement possible les secours. 
 
• Miser sur une rééducation à plein temps
Impossible de prédire durant la phase aiguë, qui aura des séquelles et qui en aura peu ou pas. "Un entraînement intensif, comme pour un athlète de haut niveau, est indispensable pour lever les possibles séquelles motrices, sensitives, cognitives ou de la parole. Il faut répéter et s'entraîner à faire et refaire ses exercices tout au long de la journée", insiste le Pr Blacher. Les premiers mois sont déterminants. "Ne doivent pas non plus être négligés les troubles de l'humeur, la fatigue, l'anxiété, qui représentent autant de handicaps invisibles", ajoute le Pr Timsit. 
Complication ou pas, la stabilisation de l'hypertension artérielle reste prioritaire: l'objectif de 14/9 reste valable avant et après l'AVC. L'arrêt du tabac également! Le Pr Timsit mise sur l'éducation thérapeutique pour éviter une récidive: "En plus d'agir sur les facteurs de risque, il faudra apprendre à vivre avec un éventuel handicap. La prise en charge ne s'arrête donc pas à la sortie de l'hôpital."

À savoir: Au-delà des moyens de rééducation classiques (kinésithérapie, orthophonie...), la robotique et les jeux vidéo dédiés sont efficaces pour récupérer au mieux. 
 
Par Nathalie Szapiro-Manoukian le 03 avril 2017 modifié le 11 mai 2017
Source: Notre temps
 

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