AVC : Les femmes en première ligne

AVC : Les femmes en première ligne

AVC : Les femmes en première ligne

vendredi 08 juin 2018
Les maladies cardio-vascualire, dont les AVC, représentent la plus grande cause de mortalité des femmes dans le monde. D'où l'utilité d'une vigilance accrue.

À Nantes, une ex-infirmière présente une soudaine difficulté à tenir debout. Elle se voit conseiller du repos... Alors qu'elle est victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC). Prise en charge tardivement, elle souffre de nombreuses séquelles. Un exemple loin d'être une exception. Une revue de publications internationales pointe les différences dans la prise en charge des AVC selon le sexe. 
Si la plupart des personnes touchées ont plus de 60 ans, des victimes plus jeunes en font aussi les frais, car de nouveaux facteurs de risque sont apparus. "C'est le cas du tabagisme au féminin et de l'obésité, ainsi que de la pollution atmosphérique, en particulier celle liée aux particules fines, insiste le Pr Cordonnier. 

Les maladies cardio-vasculaires, dont les AVC, constituent aujourd'hui la première cause de mortalité des femmes dans le monde. Bien qu'elles présentent des facteurs de risque spécifiques (fluctuations hormonales, hypertension artérielle, fibrillation auriculaire), la prise en charge des femmes laisse à désirer. "Délais plus longs pour arriver à l'hôpital (parce qu'elles tardent à appeler les secours car elles minimisent les signes d'alerte), diagnostic tardif en raison d'autres pathologies concomitantes entraînant des difficultés à faire le tri entre les symptômes: au final, elles n'ont pas les mêmes chances d'accès aux soins". 

À l'issue d'un AVC, les séquelles sont également plus fréquentes que chez les hommes. La raison tient au retard du diagnostic, mais aussi au fait qu'au moment de l'accident, les patientes présentaient souvent d'autres maladies, donc des facteurs affectant leur autonomie et leurs capacités de récupération. Pour ne pas en arriver là, la mesure préventive la plus efficace est de garder ou de reprendre une activité physique quotidienne. Or les femmes sont de plus en plus touchées par la sédentarité à tous les âges de la vie (+10% entre 2006 et 2015 selon santé publique France), contrairement aux hommes chez qui elle régresse (-10%). Dans la classe d'âge de 55 à 74 ans, 57% des femmes seulement marchent au moins trente minutes par jour contre 71% de leurs conjoints. C'est pourtant un minimum. 

• En pratique 

Devant un symptôme neurologique brutal, même bref (bras ou jambe lourde, difficulté à parler, baisse de la vision...), la bonne attitude est d'appeler le 15, et cela quels que soient le sexe et l'âge de la personne. Être actif physiquement chaque jour est la mesure la plus efficace en prévention. Autres facteurs protecteurs pour les deux sexes: corriger les facteurs de risque cardio-vasculaires tels que l'abandon du tabac, une alimentation équilibrée sans excès d'alcool, une tension, un diabète et un cholestérol maîtrisés. 
 

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