Diabétiques: tout ce qui a changé en 2018

Diabétiques: tout ce qui a changé en 2018

Diabétiques: tout ce qui a changé en 2018

samedi 01 décembre 2018

Lecteurs de glycémie, sport sur ordonnance, nouvelles études... Un vent nouveau souffle sur la prise en charge du diabète. Objectif: retarder, voire éviter, les traitements et limiter les complications de la maladie.

• Le lecteur de glycémie sans piqûre confirme sa fiabilité

Un an après sa prise en charge par l'Assurance maladie, en juin 2017, qui a donné un coup d'accélérateur à sa diffusion en 2018, le lecteur de glycémie FreeStyle Libre est plébiscité par les patients sous insuline. 350 000 d'entre eux pourraient en bénéficier. Plus besoin de piqûres au bout du doigt pour déterminer les doses à injecter. Le système utilise un filament fixé sur un capteur sur la peau à l'arrière du bras pour relever en continu le taux de glucose. Un boîtier passé au-dessus du capteur "scanne" les mesures.
 

Des études "en vie réelle" présentées au congrès 2018 de la Société francophone du diabète, à Nantes, confirment une augmentation du nombre de mesures réalisées et un meilleur contrôle de la glycémie, surtout chez les diabétiques jusque-là mal équilibrés, lorsque ceux-ci sont bien formés. L'Agence nationale de sécurité du médicament observe une bonne tolérance du dispositif, sauf une irritation de la peau chez 0,4% des utilisateurs. Deux autres lecteurs de glycémie, Medtronic Enlite et Dexcom G4 Platinum, sont venus compléter l'offre en 2018. Ces nouveaux dispositifs ouvrent la voie au pancréas artificiel: une pompe à insuline se déclenche sur les indications du capteur de glycémie intégré. C'est le cas du système français Diabeloop qui pourrait être disponible en 2019.

• Le "sport sur ordonnance" souligne l'efficacité de l'activité physique

La loi 2017 de modernisation du système de santé prévoit la possibilité de prescrire du sport en cas de maladie chronique. Une idée phare pour les diabétiques, tant l'activité physique est "LE" médicament le plus efficace pour contrôler la glycémie, en association avec une alimentation équilibrée. "Même assis, commencer à bouger les bras et les jambes fait déjà du bien!" encourage le président de la Fédération française des diabétiques. L'idéal: une activité d'endurance douce, comme la natation, la randonnée, la marche à bonne allure... pour que les muscles brûlent l'excès de sucre dans le sang. Deux heures et demie d'activité par semaine évitent bien des complications cardiaques, rénales...

En cas de prédiabète, en plus de bonnes habitudes (marcher, jardiner, pédaler...), un sport d'endurance suffit à diviser par deux le risque de devenir diabétique à trois ans. "Prescrire un sport sur ordonnance, c'est bien, mais pas suffisant". Sans liste des cours locaux (Siel bleu, EPGV, Sports pour tous, efFORMip...) indiquée par le médecin, c'est au patient de se débrouiller! Autre limite: le prix des activités, aucune prise en charge par l'Assurance maladie n'étant prévue à ce jour.

• La place des infirmiers en pratique avancée se précise

La nouvelle loi santé a créé ce nouveau statut d'intervenant, entre l'infirmier et le médecin, appelé à diagnostiquer, prescrire et mener certains actes techniques pour diminuer les complications liées à la maladie. Une petite révolution qui doit améliorer le suivi des traitements, la surveillance médicale et l'éducation thérapeutique. Agir au plus près du terrain permettra de tenir compte de la vie de chacun - un veuvage récent

qui bouscule les habitudes alimentaires, une pathologie associée - et d'orienter la personne au meilleur moment vers le kinésithérapeute, le diététicien, le podologue... Le diabète reste la première cause de cécité acquise et est responsable de 9000 amputations par an, de 5000 dialyses...

• La téléconsultation se met en place

Depuis le 15 septembre 2018, l'Assurance maladie prend en charge les téléconsultations. "Un diabétique de type 2 consulte son généraliste neuf à dix fois par an". Les nouveaux outils du numérique peuvent rapprocher les équipes médicales du patient, et rendre accessibles rapidement les avis d'experts dans les déserts médicaux et en Ehpad.

• Le rôle de l'environnement est mieux compris

Si le nombre de diabétiques ne cesse d'augmenter (+ 2,1%/an ces dernières années), ce n'est pas seulement en raison du vieillissement de la population. Les nouveaux patients sont de plus en plus jeunes, et pas tous en surpoids. C'est que le diabète est multifactoriel. Les facteurs les plus connus sont le tabac, et les graisses et sucres cachés dans les aliments transformés. D'autres peuvent aussi révéler une vulnérabilité génétique qui aurait pu rester silencieuse. C'est le cas des perturbateurs endocriniens, ces molécules présentes dans les produits de ménage, jardinage ou hygiène, et les pesticides dans les aliments. Une étude, qui suit 50000 personnes, observe moins de surpoids précurseur de diabète avec une alimentation biologique. Une autre étude confirme le lien entre des pesticides souvent retrouvés dans les fruits et légumes, et des troubles de la glycémie. Une bonne raison de privilégier la filière bio.

• Diabète, des états généraux en novembre
 

À l'occasion de ses 80 ans et de la Journée mondiale du diabète, la Fédération française des diabétiques présentera, le 14 novembre 2018, les conclusions des "États généraux du diabète et des diabétiques" menés depuis 2017. Elle promet une série de propositions "coup de poing" pour prévenir et mieux contrôler cette maladie qui touche près de 4 millions de personnes en France. En chiffres: la fréquence du diabète augmente avec l'âge. Elle atteint un pic entre 80 et 84 ans pour les femmes, 70 et 79 ans pour les hommes. 25% des hommes de 70 à 85 ans sont touchés en France.

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