Prostate: opérer en préservant la sexualité, c’est désormais possible!

Prostate: opérer en préservant la sexualité, c’est désormais possible!

Prostate: opérer en préservant la sexualité, c’est désormais possible!

jeudi 09 août 2018
Les progrès de la chirurgie pour traiter l'adénome de la prostate permettent des interventions précoces, courtes et sécurisées, qui protègent la sexualité.

Voilà une nouvelle qui pourrait radicalement améliorer la vie des hommes de plus de 50 ans et celle de leur couple. Une nouvelle prise en charge des adénomes de la prostate permet d'éviter la majorité des effets secondaires sur la sexualité. L'adénome, aussi appelé hypertrophie bénigne de la prostate, est une pathologie responsable de besoins fréquents d'uriner de nuit comme de jour. En France, 1,3 million d'hommes sont traités contre ce problème fréquent dès la cinquantaine, presque systématique au-delà de 75 ou 80 ans.

La stratégie thérapeutique actuelle consiste à prendre des médicaments le plus longtemps possible, puis, si c'est insuffisant ou lorsqu'une complication survient, à proposer une opération. Mais les nouvelles techniques chirurgicales et une meilleure connaissance de la cause de ces troubles urinaires changent la donne en faveur d'une opération bien plus précoce. D'autant que l'Assurance maladie observe que chez la moitié de ces hommes de plus de 60 ans, ce médicament s'ajoute à cinq autres, avec des risques d'interactions médicamenteuses.
   

Les médicaments ne sont une bonne option que lorsqu'ils parviennent à soulager rapidement et très nettement les troubles urinaires, ce qui est assez rare. Les hommes qui en prennent en France, constatent une certaine amélioration des symptômes sans que la cause, qui est l'obstacle empêche de bien uriner, soit traitée. 

La vessie, qui se contracte à chaque jet urinaire, finit par s'épuiser à force de se mettre en hyperpression à chaque miction, un peu comme cela se passe avec le coeur. Cela entraine des troubles urinaires très gênants avec des mictions impérieuses et quelques fois des fuites. Au bout d'un certain temps, ces troubles deviennent irréversibles. 

Les progrès de la chirurgie, notamment le laser, ont changé la donne ces dernières années, diminuant considérablement le risque de saignement pendant et après l'intervention. L'opération ne doit plus inquiéter.

Opérer tôt permet de préserver la sexualité. Une des conséquences très fréquente de la chirurgie était la perte de la capacité à éjaculer normalement. Une étude menée à l'Hôpital Tenon auprès de 500 hommes de 54 à 88 ans a démontré que plus d'un homme sur trois, dont les âges varient de 54 à 81 ans avec une moyenne à 62 ans, souhaite garder une éjaculation après l'intervention pour conserver, disent-ils, leur intégrité d'homme. Il faut tenir compte de ce souhait. "Le patient doit être plus exigeant".
 
La chirurgie "à la carte" n'intervient que sur la cause de l'obstruction, qui varie selon les hommes. Plutôt que d'enlever tout l'adénome, l'opération est ciblée et veille à épargner la zone clé de l'éjaculation. Un nouvel examen est proposé à chaque patient qui souhaite garder ses éjaculations: une fibroscopie mictionnelle, réalisée sous anesthésie locale en consultation, qui indique la zone de la prostate responsable de l'obstruction. Il est possible que le taux de récidive soit supérieur à celui observé après une chirurgie totale de l'adénome. Dans ce cas, une nouvelle opération en chirurgie ambulatoire sera proposée. L'objectif est de protéger la vessie et la sexualité, avec un diagnostic et une opération plus précoces et plus précis.
 
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