Santé des femmes: les douleurs chroniques mieux prises en compte

Santé des femmes: les douleurs chroniques mieux prises en compte

Santé des femmes: les douleurs chroniques mieux prises en compte

lundi 01 avril 2019

Fourmillements, troubles digestifs, démangeaisons... Les douleurs chroniques concernent davantage les femmes.

Selon l'Inserm, les douleurs chroniques touchent environ 30% des adultes, et leur fréquence va crescendo avec l'âge. Elles affectent plus les femmes et les catégories sociales défavorisées. Or, de l'aveu des patientes, leur plainte n'est pas toujours suffisamment prise en compte.

Parmi les plus gênantes, l'atteinte des très petites fibres nerveuses n'est reconnue que depuis les années 2000. Cette atteinte se traduit par des brûlures, fourmillements, décharges électriques, froid douloureux, démangeaisons (alors que la peau est normale), voire une souffrance déclenchée par le simple contact avec un vêtement. "À côté de ces troubles, des signes neurovégétatifs peuvent apparaître: production anormale de sueur (trop ou pas assez), de salive, de larmes, mains moites ou qui gonflent ou qui changent de couleur, vessie capricieuse, troubles digestifs ou vasomoteurs (oedèmes des pieds et des mains,

rougeurs...)",décrit le chef du département de médecine interne de l'hôpital Lariboisière, à Paris. Les signes sont si changeants que, souvent, la parole des personnes concernées est mise en doute pendant des années. Le spécialiste confirme avec regret: "Il faut en moyenne encore un an avant de poser le diagnostic, car les tests spécifiques - biopsie neurocutanée, potentiels évoqués au laser, microscopie confocale cornéenne - ne se font pas partout, à l'exception du Sudoscan, qui mesure la capacité des glandes sudoripares à réagir à un stimulus, repérant une atteinte végétative qui met sur la piste." La recherche sur le sujet est très active: elle porte sur des traitements ciblant une altération au niveau des nerfs, qui expliquerait l'amplication de la douleur, ainsi que sur des dérivés de l'érythropoïétine (EPO) pour favoriser la repousse nerveuse.

• En pratique

En cas de neuropathies des petites fibres, il faut parfois chercher l'origine du côté de certaines maladies auto-immunes, qui touchent davantage les femmes, surtout du syndrome de gougerot-sjögren, une affection à l'origine d'une sécheresse des muqueuses. Autres causes possibles de ces douleurs chroniques, chez les hommes comme chez les femmes: un diabète, une chimiothérapie toxique pour les petites fibres, ou encore des infections chroniques, qui amplifient le signal douloureux. "Dans un grand nombre de cas, des antiépileptiques et des antidépresseurs vont pouvoir apporter un soulagement. Le traitement de la cause, lorsqu'elle est trouvée, est aussi bénéfique",


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