Tarifs des mutuelles: vers une hausse de 9% pour les retraités?

Tarifs des mutuelles: vers une hausse de 9% pour les retraités?

Tarifs des mutuelles: vers une hausse de 9% pour les retraités?

samedi 01 décembre 2018

Avec la réforme du reste à charge zéro certains frais dentaires, optiques et auditifs seront intégralement remboursés. Mais, selon une étude, cela entraînera une flambée des prix des mutuelles et complémentaires santé.

Pour être mieux remboursés, les seniors seront-ils contraints de payer leur couverture santé encore plus cher? Le gouvernement s'en défend mais les complémentaires santé préparent les esprits à une forte hausse des tarifs. Alors que débute à l'Assemblée l'examen de la réforme du "reste à charge zéro", autrement dit du remboursement à 100% de certaines lunettes et de certaines prothèses dentaires ou auditives, une étude réalisée par le courtier et comparateur Santiane.fr auprès de 100 000 assurés, alerte sur une forte hausse des tarifs des complémentaires santé et mutuelles. L'augmentation est présentée comme une conséquence de la réforme et concernerait tout particulièrement les retraités. Ce n'était pas le scénario annoncé.

• La promesse d'Emmanuel Macron

"S'agissant des lunettes, des prothèses dentaires et de l'audition, nous fixons l'objectif de 100% de prise en charge pour 2022, car la couverture reste trop faible aujourd'hui. Nous réaliserons cet objectif sans augmenter le prix des mutuelles. Pour cela, nous favoriserons la concurrence, en instaurant notamment 3 contrats types que devront proposer assureurs et mutuelles pour garantir la transparence et faciliter les comparaisons." Le programme d'En Marche ne laissait pas d'ambiguïté: il s'agissait de mieux rembourser certains soins sans répercussion sur les tarifs des mutuelles.

• Ce que le "reste à charge zéro" va changer

La réforme doit donner à tous les Français un accès à des soins pris en charge à 100% dans le domaine de l'optique, du dentaire et de l'audioprothèse. Le reste à charge zéro sera appliqué progressivement d'ici à 2021. En pratique, la Sécurité sociale et les complémentaires santé rembourseront intégralement certaines prothèses dentaires, les audioprothèses tous les 4 ans et une paire de lunettes (monture à 30€ maximum, verres amincis, traités antireflets...) tous les deux ans.

• Combien ça coûte?

Le coût de la réforme est évalué à 1 milliard d'euros par an: 750 millions pour la Sécurité sociale et 250 millions pour les mutuelles. Mais du côté des mutuelles et des assureurs, le surcoût fait l'objet de différentes prévisions et la tentation de le répercuter aux assurés grandit.

• Hausse des remboursements ... et des prix

"Du fait de la réforme, les niveaux de remboursement pris en charge par les complémentaires santé vont augmenter". D'après ses hypothèses, les remboursements pourraient ainsi progresser de 7%, mais avec une forte disparité en fonction de l'âge des assurés. Considérant que "les organismes assureurs ne pourront pas absorber l'augmentation des remboursements", le courtier en déduit
que ces coûts seront "mécaniquement" répercutés aux clients.

 

• Une facture plus salée pour les seniors

Pour les 60 ans et plus l'entrée en vigueur du reste à charge zéro entraînera une augmentation de tarifs des mutuelles de l'ordre de 9,5%. Pour les moins de 60 ans la facture grimperait de 2,5% seulement. Pourquoi un tel écart ? "Les seniors sont les assurés qui recourent le plus à des prestations en audioprothèses, optique et dentaire". Par exemple : "92% des prestations en audioprothèses concernent les plus de 60 ans."

Ainsi "un retraité qui paie aujourd'hui 85€ de prime mensuelle, verrait le tarif de sa mutuelle augmenter de 96€ par an. Un couple de retraités qui paie aujourd'hui 170€ de prime mensuelle, verrait son budget mutuelle bondir de 192€ par an.

Interrogée sur cette possible hausse à l'Assemblée, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a assuré que la mise en place du reste à charge zéro ne se fera pas au détriment des retraités, mais que l'effort devra venir des mutuelles et des assureurs. Selon la ministre, le déploiement de la réforme sur trois ans devait justement permettre aux professionnels d'absorber leur part du surcoût. "Le coût de cette réforme est pris en charge aux trois quarts par l'assurance maladie, et seulement un quart par les complémentaires, leur engagement est de ne pas augmenter les prix", a-t-elle affirmé. Le débat autour de cet "engagement" ne fait que commencer.

 


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