Les aidants au bord du burn-out

Les aidants au bord du burn-out

Les aidants au bord du burn-out

lundi 06 janvier 2020
Par devoir, et surtout par amour, en France, plus de dix millions de personnes s'occupent d'un proche malade ou handicapé. Un dévouement méconnu... Au quotidien, ces "aidants" assurent le bien-être et la dignité d'un être cher, souvent au prix de leur propre santé. Notre sondage leur rend justice.
Une personne sur neuf en France souffre moralement de son engagement auprès d'un proche. En effet, tous les aspects de la vie sont bouleversés: la relation avec la personne aidée, l'équilibre psychologique, la vie de famille, la santé, le sommeil, les projets d'avenir, la vie amoureuse… L'aide pour "les gestes intimes" (aller aux toilettes, se laver…) est particulièrement pénible pour 68% d'entre eux. "C'est très douloureux, voire traumatisant, quand le corps d'un proche perd sa sensualité, son mystère, pour devenir presque un objet. D'autant que ce n'est pas facile à exprimer", précise un sociologue spécialiste des seniors.
La culpabilité contribue également à l'épuisement moral des aidants : 71% l'éprouvent à l'idée de "devoir placer leur proche dans un établissement spécialisé". Voilà de quoi nous alerter sur la lassitude de ces dix millions de personnes, amis, voisins ou collègues qui, sans forcément en parler, se mobilisent pour faciliter la vie d'un être cher. Les indices à surveiller sont les mêmes que pour un burn-out professionnel : fatigue, tension, troubles alimentaires souvent assortis d'une incapacité à s'arrêter ou à se faire aider. La méconnaissance des dispositifs existants pour accompagner les aidants n'est à ce titre guère rassurante. Quant à trouver quelqu'un pour se faire remplacer en cas d'empêchement, c'est impossible, ou seulement pour quelques heures, selon la moitié des aidants sondés.

 
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