Médicaments : les effets sans les méfaits

Médicaments : les effets sans les méfaits

Médicaments : les effets sans les méfaits

samedi 01 juin 2019

Anticoagulants, antidépresseurs, antibiotiques... Ces trois familles de traitements sont difficiles à apprivoiser et leur fonctionnement mérite d'être bien compris. Il en va de leur efficacité et de la prévention de complications parfois sévères.

• Antidépresseurs : arrêter de les banaliser ou de les diaboliser

- Leur rôle: Soigner une dépression (tristesse, perte de l'élan vital avec symptômes quotidiens depuis plus de quinze jours...), notamment chez les seniors à qui elle peut donner les signes d'un début de démence. Le traitement apporte au cerveau la sérotonine qui lui manque, la personne retrouve son état normal et non artificiel, elle reste sensible à la tristesse. Ils permettent aussi de traiter les troubles anxieux généralisés (pas de risque d'accoutumance comme avec les anxiolytiques), les phobies, certaines compulsions alimentaires, les troubles obsessionnels compulsifs, voire accélérer la récupération après un AVC.

- Le problème avec eux : Ils sont victimes de leur succès. Les ISRS, famille la plus prescrite, sont si bien supportés (ni accoutumance ni baisse de vigilance) et faciles à prendre qu'ils sont trop prescrits, y compris à des personnes présentant une autre pathologie psychiatrique. "En cas de bipolarité, ils peuvent entraîner des tentatives de suicide ou états maniaques...", met en garde un psychiatre spécialisée en pharmacovigilance.

Ils exposent à un "diagnostic au Kleenex". Pleurer beaucoup ou être triste quelques mois lors d'un deuil ne suffit pas à justifier leur prescription, ni vouloir être plus zen. Certains sont durs à supporter. Ceux de la famille des tricycliques, proposés après échec d'un ISRS, peuvent entraîner
bouche sèche, trouble du rythme cardiaque, de l'appétit...

• Les conseils de bon usage

- Se prêter à un solide examen clinique avant toute prescription : analyse des symptômes et de leur durée, antécédents médicaux et familiaux. La Haute Autorité de santé recommande de soigner d'abord sans médicament : psychothérapie, thérapie comportementale, hypnose...

- Accepter une révision du traitement : au bout d'un mois sans amélioration, le médecin double la dose (pas plus, même en cas d'oubli la veille). Sans effet un mois plus tard, il change de médicament. Inutile d'attendre plus : le bon traitement évite de rendre la pathologie chronique.

- Être (un peu) patient : le traitement est actif en deux à quatre semaines.

- Aller jusqu'au bout de l'ordonnance: pour éviter une rechute, poursuivre de 6 à 8 mois après la n des symptômes. Chez une personne âgée, une prise longue durée ne pose pas de problème.

- Arrêter progressivement: "Il s'agit de redonner doucement la main au cerveau pour qu'il produise désormais lui-même la sérotonine".

- Prendre le traitement durant le repas : cela facilite son absorption, excepté les médicaments à effet sédatif associé à prendre au coucher (c'est écrit sur la notice).

- Éviter le millepertuis, contre-indiqué pour ses effets sur la sérotonine.


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